Nous sommes à bout. Nous avons mangé nos
          chevaux, nos oiseaux, des rats et des fem-
          mes. Et nous avons faim encore.

Les assaillants bouchent les créneaux. Ils sont
          plus de quatre myriades ; nous, moins de
          quatre cents.

Nous ne pouvons plus bander l’arc ni crier des
          injures sur eux ; seulement grincer des
          mâchoires par envie de les mordre.

                                        O

Nous sommes vraiment à bout. Que l’Empe-
          reur, s’il daigne lire ceci de notre sang,
          n’ait point de reproches pour nos cadavres,

Mais qu’Il n’évoque point nos esprits : nous
          voulons devenir démons, et de la pire
          espèce :

Par envie de toujours mordre et de dévorer
          ces gens-là !