XXVII

Genre
Divers
Langue
Français
Source
Paris, Eugène Renduel, 1834
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Qui est-ce qui se pressait autour du Christ pour entendre sa parole ? Le peuple.

Qui est-ce qui le suivait dans la montagne et les lieux déserts pour écouter ses enseignements ? Le peuple.

Qui voulait le choisir pour roi ? Le peuple.

Qui étendait ses vêtements et jetait devant lui des palmes en criant Hosannah, lors de son entrée à Jérusalem ? Le peuple.

Qui est-ce qui se scandalisait à cause des malades qu’il guérissait le jour du sabbat ? Les scribes et les pharisiens.

Qui l’interrogeait insidieusement et lui tendait des pièges pour le perdre ? Les scribes et les pharisiens.

Qui disait de lui : il est possédé ? Qui l’appelait un homme de bonne chère et aimant le plaisir ? Les scribes et les pharisiens.

Qui le traitait de séditieux et de blasphémateur ? qui se ligua pour le faire mourir ? qui le crucifia sur le Calvaire entre deux voleurs ?

Les scribes et les pharisiens, les docteurs de la loi, le roi Hérode et ses courtisans, le gouverneur romain et les princes des prêtres.

Leur astuce hypocrite trompa le peuple même. Ils le poussèrent à demander la mort de celui qui l’avait nourri dans le désert avec sept pains, qui rendait aux infirmes la santé, la vue aux aveugles, l’ouïe aux sourds, et aux perclus l’usage de leurs membres.

Mais Jésus, voyant qu’on avait séduit ce peuple comme le serpent séduisit la femme, pria son Père, disant : Mon Père, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu’ils font.

Et cependant, depuis dix-huit siècles, le Père ne leur a pas encore pardonné, et ils traînent leur supplice par toute la terre, et par toute la terre l’esclave est contraint de se baisser pour les voir.

La miséricorde du Christ est sans exclusion. Il est venu dans ce monde pour sauver, non pas quelques hommes, mais tous les hommes ; il a eu pour chacun d’eux une goutte de sang.

Mais les petits, les faibles, les humbles, les pauvres, tous ceux qui souffraient, il les aimait d’un amour de prédilection.

Son cœur battait sur le oceur du peuple, et le cœur du peuple battait sur son cœur.

Et c’est là, sur le cœur du Christ, que les peuples malades se raniment, et que les peuples opprimés reçoivent la force de s’affranchir.

Malheur à ceux qui s’éloignent de lui, qui le renient ! Leur misère est irrémédiable, et leur servitude éternelle.