C’est grand méchef et n’y voulons pourvoir

Genre
Poésie
Langue
Moyen-Français
Source
Nantes, Etienne Larcher, 1493
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

    Qu’est-ce, dis-moi, de ce monde qui court ?
C’est pour certain grand tribulation.
    Qu’est-ce que fût* bon à chasser de court ?    [aurait été] 
C’est faux rapport et adulation*.    [adoration] 
    Qu’est-ce des clercs et de prélation* ?    [prélature] 
C’est usure, simonie* et rapine.    [trafic des sacrements] 
    Qu’est-ce que Dieu de tels gens détermine ?
C’est qu’ils seront en fin damnés pour voir.
    Qu’est-ce de nous, misérable vermine ?
C’est grand méchef* et n’y voulons pourvoir.    [dommage] 

    Qu’est-ce aux mondains être vêtus si court ?
C’est pompe, orgueil et sotte élation*.    [de elat, orgueilleux] 
    Qu’est-ce qui plus prêcheurs vers eux n’a cours ?
C’est qu’il en héent* l’intitulation.    [haïssent] 
    Qu’est-ce qui fait cette relation ?
C’est vérité qui les cœurs illumine.
    Qu’est-ce doncques que vice on n’extermine ?
C’est nonchaloir* de paradis avoir.    [négliger] 
    Qu’est-ce d’enfer et qu’on ne l’abomine ?
C’est grand méchef* et n’y voulons pourvoir.    [dommage] 

    Qu’est-ce que Dieu ne nous punit tout court ?
C’est sa douce dissimulation.
    Qu’est-ce qui rend chacun aveugle et sourd ?
C’est dépriser* sainte collation*.    [mépriser | harangue] 
    Qu’est-ce dont vient tel désolation ?
C’est par péché qui aujourd’hui domine.
    Qu’est-ce qu’en nous bonté détruit et mine ?
C’est ne vouloir ouvrir les yeux pour voir.
    Qu’est-ce qu’on n’a de vivre un seur* termine ?    [?] 
C’est grand méchef* et n’y voulons pourvoir.    [dommage] 

Prince, quand bien notre cas examine.
    Qu’est-ce que dit la sainte loi divine,
C’est aimer Dieu, faire au prême* devoir.    [premier] 
    Qu’est-ce de gens qui vivent sans doctrine,
C’est grand méchef* et n’y voulons pourvoir.    [dommage]