le Bâton dont il est battu

Genre
Poésie
Langue
Moyen-Français
Source
Nantes, Etienne Larcher, 1493
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

Jeunesse mère de folie,
Partie adverse de raison,
Par plusieurs façons le folie*    [rendre fou, égarer] 
Pour le mener à déraison.
Commettre lui fait maux foison,
Mais enfin, tout bien débattu,
Tel garde et tient en sa maison
Le bâton dont il est battu.

La manière n’est pas jolie
De foloyer* toute saison,    [faire des actions folles] 
Bien pour chasser mélancolie
En folie honnête s’aise on*.    [si l’on y prend ses aises, v. aisier] 
Mais pour Dieu jamais ne faisons
Que notre honneur soit rabattu,
Car le mauvais a de moison*     [mesure] 
Le bâton dont il est battu.

Un orgueilleux o chère lie*    [avec un grand festin] 
Prend peine sans comparaison,
Plus que celui qui s’humilie
En aimant Dieu et oraison*,    [prière] 
Si bien notre corps or aisons*    [accommodons] 
Quand le fou est bien ébattu,
Son vice est sans autre achaison*    [motif] 
Le bâton dont il est battu.

Prince du jeûne nous taisons
Ait mal plaisir ou ébat eu,
Il doit haïr plus que poison
Le bâton dont il est battu.