Qu’est-ce de nous, misérables humains
Qui ne voulons à bien mettre les mains,
Ni conduire par raison notre sens.
Plus nous fait Dieu de bien, nous valons moins
Et l’offensons sans cesser soirs et mains*    [matins] 
En faisant maux à milliers et à cents*    [centaines] 
Dont nous aurons peine sempiternelle
Si n’effaçons la coulpe criminelle
Où nous détient l’esprit diabolique
Qui en péché tient son âme endormie.
Ne doute point qu’à la fin ne
Et que son heur* ne lui tourne en l’oblique.    [sort, cf. bonheur, malheur | ne s’inverse ?] 

Mourir convient aucun de ses demains*    [un de ses lendemains] 
Et nous faudra de nos cas inhumains
Rendre à raison : fol es si ne le sens.
Tous tes défauts seront connus à maints,
Et les vices secrets où tu remains*    [restes] 
Apparaîtront découverts, non absents,
À la vile compagnie infernelle*.    [infernale] 
Même aux saints c’est piteuse nouvelle,
Car le mauvais qui toujours prévarique
Ne rendra pas à Dieu son âme amie.
Craindre doit ce plus que l’épidémie,
Et que son heur* ne lui tourne en l’oblique.    [sort, cf. bonheur, malheur | ne s’inverse ?] 

Que vaut savoir tous les hauts faits romains,
Ni* vaut avoir greniers et coffres pleins,
Si tu enfin o* les diables descends,    [avec] 
Que valent yeux dont viennent pleurs et plains*,    [plaintes] 
Que vaut laisser les beaux chemins et plains*,    [plaines] 
Que valent ceux par où aller t’assants*    [cherches à pénétrer] 
Qui te mènent à la mort éternelle,
Que vaut perdre l’amour Dieu paternelle,
À vil pécheur soit de Grèce ou d’Afrique,
Que vaut l’ébat de quoi l’âme frémie
Garde chacun d’avoir telle infâmie,
Et que son heur* ne lui tourne en l’oblique.    [sort, cf. bonheur, malheur | ne s’inverse ?] 

    Georges

Prince qui croit que grâce universelle
Tient le régnant en gloire et en haut elle*,    [?] 
Sage il prétend d’atraire* amour publique    [attirer] 
Dont s’il fait autre et prend voie ennemie,
Soit tout certain qu’à mal ne faudra mie*,    [il ne manquera pas] 
Et que son heur* ne lui tourne en l’oblique.    [sort, cf. bonheur, malheur | ne s’inverse ?]