Préface

Genre
Poésie
Langue
Breton
Source
Morlaix, Victor Guilmer, 1837
Remarques
Nous avons modernisé l’orthographe tout en conservant certaines tournures d'origine (mutations, particules verbales...).
Transcription
Sébastien Marineau
Dans le même ouvrage :

La bataille des Trente, fait d’armes fameux dans les annales de notre province, presque ignoré dans nos campagnes, hormis sur les lieux qui en furent le théâtre, méritait d’être célébré dans la langue nationale.

Un poème manuscrit, et postérieur, selon toute ap-parence, de peu d’années seulement à l’évènement fut découvert en 1813 à la bibliothèque du Roi par MM. de Fréminville et de Penhoët, publié en 1819 par Four-nier à Brest, et plus tard en 1827 par Crapelet.

Ce poème, remarquable par sa naïve simplicité, m’ayant paru susceptible d’être traduit en breton vulgaire, j’ai essayé cette tâche. En conservant la forme, l’ordre des faits et même les pieuses invocations du poète anonyme, je me suis permis cependant de retrancher quelques répétitions et d’ajouter de mon cru quelques réflexions qui donneront à mes lecteurs une idée des mœurs d’autrefois. Car c’est pour le peuple de nos campagnes que j’écris ; c’est par lui principalement que je désire être lu et compris, et c’est pourquoi je ne me suis guère écarté de l’orthographe vulgaire.

J’ai suivi, pour l’orthographe des noms propres, à peu de choses près la manière d’écrire du poème dont j’offre au public la traduction libre, ou plutôt une imitation.

Néanmoins, l’auteur anonyme, ensuite Froissard, et plus tard le père Lobineau, ont tellement varié pour l’orthographe de quelques noms étrangers, qu’au milieu de cette confusion, je me suis mis à l’aise et j’ai adopté la manière d’écrire qui me plaisait le plus ou qui gênait le moins la rime et la mesure. Ainsi, j’ai nommé le chef anglais Bambro, nom qui rend le son du nom présumé Bamborough ou Bemborough, au lieu de le nommer Bombourc, avec le poète, ou Brandebourg, avec Froissard. On me pardonnera, j’espère, ces petites licences poétiques.

Quelques renvois, indiqués par des chiffres dans le cours du poème, aideront à comprendre divers termes vrais bretons mais peu répandus, dont la note est placée à la fin de l’ouvrage.