Thème : l’Amour

Amour et foi (18) : Heure d’amour

Oh ! rouvre tes grands yeux dont la paupière tremble, 
     Tes yeux pleins de langueur : 
Leur regard est si beau quand nous sommes ensemble ! 
Rouvre-les : ce regard manque à ma vie, il semble 
     Que tu fermes ton cœur. 

Lui seul dans une sphère où l’amertume abonde 
     M’embellira le jour ; 
Trompé dans tous mes vœux, las d’un spectacle immonde, 
Pour m’élancer et fuir je n’ai trouvé qu’un monde, 
     Et ce monde est l’amour. 

Amour et foi (24) : Que faut-il aux âmes ?

Tout ce qui respire 
Ici-bas soupire, 
Les hommes, les fleurs ; 
Villes et vallées 
Paraissent peuplées 
Des mêmes douleurs. 

La plainte commence 
Avec l’aube immense 
Pour durer la nuit ; 
Ce n’est que tristesse ; 
L’arbuste s’affaisse 
Et le cœur languit. 

Sous des cieux moroses 
Que faut-il aux roses ? 
Un rayon de jour. 
Sous des cieux sans flamme 
Que faut-il aux âmes ? 
Un rayon d’amour. 

Amour et foi (31) : Regret d'autrefois

Je l’aimais — oh ! c’était de cet amour d’enfant 
Qu’on peut montrer sans crainte et que rien ne défend 
     À l’âme triste et combattue. 
Ce n’était que délice et suave douceur ; 
Ce n’était pas l’amour qui dévore le cœur, 
     Ce n’était pas l’amour qui tue. 

Annaig (06) : Deus

Deus, ar maezioù zo kaer evel evit ur gouel, 
Al laboused, ouzhpenn, n’ehanont da’z kervel, 
A-dalek ar mintin, da vont en o c’hoadoù 
Evit meskiñ da vouezh gant o c’hanaouennoù. 
Deus, rak en un huñvreal, eürus ni ’yelo 
A-hed ar wenodenn, e skeud ar gwez-derv. 
An amzer a zo klouar hag a-boan an delioù, 
Gant an avelig sioul, a gren ouzh o skourroù ; 
E geot ar prad ar bleuñv a zo digor bremañ 
Hag an dour-red a ruilh, en un huanadañ ; 
Dindan un heol skedus e lugern ar mor bras 

Annaig (07) : Son

    War ton La brise est douce et parfumée (dans Mireille

Annaig, du-hont, gwel an oanigoù, 
Er geot tener leun a vokedoù, 
O taoulammet er pradoù glas ; 
Devezhioù kaer an nevez-amzer 
    A zistro c’hoazh, 
Ha kan al laboused a glever 
    Er c’hoadoù bras. 

Annaig (08) : War vor

Gouel ar mor o lintriñ 
Dindan un heol skedus ; 
Em bag skañv e vezi, 
Annaig, ken eürus ! 
N’ez eus ket en neñvoù 
An disterañ koabrenn, 
Hep aon ’ta deomp, hon-daou, 
’Vit ma kanin laouen : 

    DISKAN 

Va bag, dalc’h un devezh 
Da ouel gwenn digor, 
Ha lusk va mignonez 
War mor an Arvor. 

Annaig (18) : He anv

Va Dous muiañ-karet, va c’hentañ karantez, 
Oa ganet, eveldon, war ar maez, e Breizh-Izel ; 
En hon div lojennig n’oa nemet paourentez, 
Met ne glaskemp nemet frankiz ’vit hon divaskell, 
               Ha laouenidigezh. 

Pa vije deuet Annaig er straed gant he deñved, 
E lavared diouzhtu : Per n’eo ket pell ac’hano ; 
Rak atav, war he lerc’h, me ’boulze va loened, 
Ha bemdez, da guzh-heol, ar mare ’vit an distro, 
               Me ’yae d’he darempred. 

Arvor (l’) (10) : Hollaïka (le)

          Tinaig la ! Deus amañ !
          Petite Tina ! Viens ici !
                    Barzhaz-Breizh

Venez, venez en Bretagne
Ecouter sur la montagne
Le chant du Hollaïka ;
C’est l’heure où le pâtre entonne
Une chanson monotone
Qu’un vieux barde fabriqua.

Pierre et Tina, tous deux pâtres,
Mènent leurs troupeaux folâtres
Aux landiers de Comana.
La jeune fille est jolie ;
Pierre jusqu’à la folie
Aime la pâle Tina.

Arvor (l’) (13) : Magdalena

Ami, dis-moi ton mal : sur nos lointains rivages
Quelque secret souci lentement t’a rongé :
Te voilà revenu de nos grèves sauvages,
Dans tes rêves, depuis, tu demeures plongé.

As-tu vu, près de toi, sous les forêts fleuries,
Passer, sans dire mot l’ombre du vieux Merlin,
Ou des mortes laver de leurs mains amaigries
Des suaires, la nuit, à l’étang du moulin ?

Arvor (l’) (37) : Croix de fleurs (la)

C’est la fleur de l’amour entée sur les épines de la douleur.
               Un poète Breton

Au bord du ruisseau bleu qui coule entre les saules,
Nola, dont les cheveux tombent sur les épaules,
La gentille Nola, bergère de six ans,
Est à genoux, là-bas, dans les roseaux luisants.
Auprès d’elle s’étale une gerbe fleurie,
Moisson que l’été donne à la verte prairie.

Bepred Breizhad (05) : Mona

War lez ar stêr, he zreid en dour,
Azezet war ar c’hlazenn flour,
Un abardaez, Mona Daoulaz
Oa er prad, dindan ar gwern glas.

Truezus, ha stouet he fenn,
Oa ar plac’hig, gant hec’h anken ;
An daeroù eus he daoulagad
’Steredenne war geot ar prad.

War ar skourr un evnig bihan
’Lavaras neuze, dre e gan :
« ’N strafuilhit ket an dour, plac’hig,
Er giz-se, gant ho taou droadig ;

Bepred Breizhad (10) : Tina, merc’h ar miliner

Anaout a rit Tina Kerc’hoant,
Merc’h ar miliner, ar plac’h koant,
Ken brav kempennet d’ar sulioù,
A dañs ken skañv er pardonioù ?

Setu ar plac’hig dimezet.
Piv a soñj deoc’h he deus-hi bet ?
Neb he c’hare ’vel he lagad,
Laouig eus a vilin Rozmad ?

Nann ! bet he deus ur genaoueg,
Pinvidik, a gomz ar galleg
— Ha setu rannet gant glac’har
Kalon ar miliner he c’har !

Bepred Breizhad (15) : Son kloareg (ur)

Pa oan o studiañ er gêr a Landreger,
Ez oa degaset din lizher da vont d’ar gêr,
Da vont d’ar gêr buan, ma karjen gwelet c’hoazh
Ma dous, ma c’harantez, Jenovefa Kerloaz.

Ma karjen gwelet c’hoazh, ur wech a-raok mervel,
Jenovefa paour d’an Neñv prest da nijel.
Doue, pebezh keloù ! pa glevis kement-mañ,
Ma c’halonig ’semplas, setu me da ouelañ.

Bepred Breizhad (22) : Fañchig ha Janig

    da’m mignon
        Emile Grimaud

Dec’h d’abardaez, goude ’n tommder,
Pa oan o vale dre ’r parkoù,
’Klevis ur vouezh uhel ha sklêr,
O kanañ war-duz* ar pradoù.    [war-zu ?] 

Me ez ya ur wech c’hoazh betek ti ma mestrez,
Ha pa gollfen ma foan, graet am eus alies :
« An dud a lavar din am eus amzer gollet,
Ha me, ’vit o c’hlevet, bepred n’o c’hredan ket. »

Bepred Breizhad (25) : Janedig koant

    d’an Ao. Troude,
        reizher yezh Breizh

En hañv, da viz Even, pa ve koulz ar falc’her
Da falc’hat ar pradoù, pa gan an alc’hweder,
Ar goulm, an durzhunell, pa ve leun ar parkoù
A ed glas, a velchon, a c’hwezh-vat an hentoù ;

Pa luc’h an heol en oabl, pa ra pep evn e neizh,
Er c’harzh pe er wezenn, ul lun, da abardaez,
Janedig koant ’lâre da Ivona Rosmat,
Pa oant o c’horo ’r saout, o div, e korn ar prad :

Chanson de la Bretagne (la) (09) : Nuit insulaire

    À François Gélard

Dans la ruelle étroite au point qu’un seul passant
Suffit à l’obstruer presque toute, je croise
Un de ces homardiers qui viennent de l’Iroise
Vendre aux marchés de Sein la pêche d’Ouessant.

Et voici qu’un volet de lucarne, en grinçant,
S’ouvre dans un vieux mur coiffé de vieille ardoise,
Une fille est là-haut qui se penche, sournoise ;
Et l’homme fait un signe, et la fille descend.

Chanson de la Bretagne (la) (28) : Sône

Dans un coffret de vieux chêne
Mon cœur jeune est enfermé.
Quand ma mort sera prochaîne,
Vous direz à mon aimé ;

Vous direz à mon aimé,
Quand ma mort sera prochaine,
Que mon cœur est enfermé
Dans le coffret de vieux chêne.

Sur le coffret de vieux chêne
Par un artisan famé
Vous ferez sculpter la chaîne
Qui me lie à mon aimé.

Chanson de la Bretagne (la) (32) : Francéa Rannou

Voulez-vous savoir comment on l’appelle ?
Les gens du pays diront : C’est la Belle !
Ses parents diront que c’est Francéa,
Francéa Rannou, de Sainte-Tryphine !
Dieu la fit très douce et la fit très fine,
    Quand il la créa.

Je sais quant à moi qu’elle est ma maîtresse !
Que sa nuque est blanche, et blonde sa tresse,
Blonde comme un pain que l’on sort du four ;
Je sais qu’aux pardons nous dansons ensemble ;
Qu’auprès de son cœur mon cœur à moi tremble
    La fièvre d’amour.

Chanson de la Bretagne (la) (34) : Jeanne Larvor

C’est une histoire lamentable
Qu’on m’a contée un soir d’hiver.
Les vaches meuglaient dans l’étable,
Et le vent soufflait de la mer.

    I

Jeanne Larvor fait la lessive
Au presbytère du Moustoir…
Qu’a donc, pour la rendre pensive,
L’eau qui jaillit de son battoir ?

Dès qu’une goutte l’éclaboussé,
Elle rougit, rougit encor…
Sur quelle herbe et dans quelle mousse
A donc marché Jeanne Larvor ?

Chanson de la Bretagne (la) (35) : À la grand’messe

À la grand’messe quand je vais,
Je prierais bien, si je pouvais ;
    Mais, par derrière,
Contre ma chaise, à deux genoux,
Est une fille aux grands yeux doux
Qui me trouble dans ma prière.

Quand j’égrène le chapelet,
C’est comme si ma main tremblait,
    Tremblait la fièvre ;
Et quand je vais pour dire Ave,
C’est le nom de Lena Calvé
Qui passe en chantant sur ma lèvre !

Chanson de la Bretagne (la) (42) : Jeanne Lezveur

    I

Plus fière qu’une châtelaine,
Jeanne Lezveur, de Kerprigent,
Ne daignerait filer la laine,
Si le fuseau n’était d’argent.

« Jeanne la blonde, on vous appelle
La fleur des filles en Trégor ;
Mais fussiez-Yous encor plus belle,
Et fussiez-vous plus blonde encor,

« Si vous m’en croyez, faites trêve
À vos clins d’œil, si fins, si doux ;
Celui dont vous rêvez en rêve
Ne sera jamais votre époux.

Chanson de la Bretagne (la) (51) : Chanson de l’amour (la)

Depuis des ans, nuit et jour,
J’attends un inconnu.
Cet inconnu, c’est l’amour ;
Il est enfin venu !

Au seuil quand il a frappé,
J’avais un tel émoi
Qu’il a cru s’être trompé :
– « Belle, pardonnez-moi. »

Il avait des yeux plus doux
Que la lune au printemps.
J’ai dit : « Sire, entrez chez nous,
Si c’est vous que j’attends ! »

Chanson de la Bretagne (la) (53) : Yeux de ma mie (les)

J’aime ma mie. Elle a des yeux
Qui sont comme les soirs de brume.
Une étoile douce s’allume
Tout au fond, tout au fond des cieux.

    Ma mie est blonde
    Comme les blés.
    Trois marins s’en sont allés
    Sur la mer profonde !

J’aime ma mie. En ses yeux clairs
On voit scintiller des étoiles,
Et de blanches, de tristes voiles
Errer, lentes, au gré des mers.

E Breizh-Izel (17) : Marc’haridig

Ha soñj hoc’h eus, Marc’haridig,
Gwechall, e pardon Poullaouen,
’Moamp prenet daou wennegadig
Sivi, ma oe leun da barlenn ?

’B’oe, Aotroù Sant Per, ’mezonig, 
’Neus graet meur a dro war hor fenn.
Met hor c’halon, Marc’haridig,
Ha n’eo ket chomet ken laouen ?

Ac’halenn me ’wel ar wezenn
E disheol pehini mistrik
’Moamp dibabet hor prenadenn ;

O ! Mar kerez !… Ul labousig
Eno ’gano deomp evel-henn :
« Kalon glan na gosha biken ! »

Eus an izel d’an uhel

Pa zimezjont an eil d’egile, paour e oant ken ma oant paour a-walc’h. Ur son a lavaras ar wirionez diwar o fenn :

Kentañ ma oent dimezet
Alo ! va mignon ! Alo ! Geo !
Kentañ ma oent dimezet
En ur stad trist ’oent lakaet.

Met eürus e oant evelato, rak n’eo ket ar binvidigezh hag an arc’hant eo ar re a lak al levenez hag an eurvad en un tiegezh. Holl ez ouzomp ar pezh a lavar Furnezh ar Geiz eus a Vro-Vreizh :

Hollvelen (25) : Trede arvest, V pennad (3)

GARWENN
Da Gatu-Bodua(1) ’tleomp ivez restaol
Eñvor ha trugarez : rak gant hounnezh dreist-holl
Ha gant Penndrask ’omp bet hentet ’vit ar beure
Da zont betek amañ. Ur vran gaer a deue
Penn-da-benn araogomp, sioul e-pad ar bale,
Koagus pa vije graet an disterañ dale.

Illusions printanières (36) : Ramène-moi, soleil…

Ramène-moi, soleil, et l’amour et l’oiseau ;
L’hiver me rend morose et seul le renouveau
    De mon cœur peut combler le vide.
Il me tarde de voir l’océan s’apaiser,
L’horizon s’éclaircir, le zéphyre baiser
    Dans sa grotte la Néréide.

Illusions printanières (80) : Je me promenais triste…

Je me promenais triste et seul sur l’esplanade
Qui longe Recouvrance, en face de la Rade,
                 Derrière Lanninon ;
C’est là qu’après le bain, pour goûter quelques fraises,
Nous venions nous asseoir, y trouvant plus nos aises
                 Que dans le cabanon.

Marv Tristan

Ra vezo meulet Tristan al Leonard, niz kaer ar roue Mark, hag a zo bet, ur wech c’hoazh, trec’h d’an enebourien e Bro Vreizh. Lazhet en deus en un emgann leal, Estult an den rok, hag e c’hwec’h breur, marc’heien galonek o seizh, ha n’en deus bet ken skoazhell nemet hini Tristan ar C’horr bet lazhet en abadenn-se.

Hogen, en un emgann ken tenn-s, ar brezeliad, siwazh ! a zo c’hoarvezet gantañ kaout ur gouli marvel digant taol ur goaf m’edo kontamm outañ.

Poésies de Gabriel Le Febvre : Adela

          Da E. Ar Moal
          evit e levr « Pipi gonto »

Adela, ar gwennili
Zo aet pell deus hor bro-ni ;
Nijet ’int dreist ar mor zall
Da ’n em garet ’n un neizh all ;
Ha me ’ranko ’pad ar goañv
Chom ma-unan-penn du-mañ…
Pegoulz d’ho tad ar goulenn ?
– Pa vo delioù er spern-gwenn.

Poésies de Jean-Baptiste Oliero : Hini a garan (an)

Jean-Baptiste Oliero a agrémenté cette poésie d'une partition que vous pouvez retrouver ici.

N’en deus ket gwerz zo bras, o tonet a bell bro,
E-tal un feunteun klouar, en ur c’hoadig distro,
Me ’glevas ur vouezh vrav, ur vouezh melkonius
O kaniñ ur ganenn, ur ganenn truezhus.

Poésies d’Yvon Crocq : Hirvoud

Tremen ’ra an amzer vrav,
    Hag an evurusted.
War-lerc’h heol sklêr, e teu glav,
    Poan goude joaiusted.
Kement a blij er bed-mañ
    A gerzh a-bioù diouzhtu :
Ma’z eo splann an oabl bremañ,
    Fenoz e vo koumoul du !

Devezhioù hor yaouankiz
    A vez buan teuzet,
Hag e kollomp hor frankiz
    ’Vit bezañ kabestret.
Nemet un huanadenn
    Hag un hirvoud hepken
N’eo buhez ar paourkaezh den,
    D’he heul ur samm anken !

Poésies d’Yvon Crocq : Hon daou

          Kentañ priz a Gan ex-æquo, e Brest

Du-hont a-dreñv ar menezioù,
     Sell ! An heol ruz
Skuizh oc’h eveshaat ar maezioù,
E-kreiz plegoù flour ar morioù
          A guzh !

E-barzh ar mor don e tiskenn
     ’Vel gant ur skeul,
Ha diwar c’horre ar goabrenn
E sach gantañ ar sklêrijenn
          D’e heul.

Telenn Arvor (04) : Bleuñv lann (ar)

    war don Evnig a gan er c’hoad uhel

    ar Plac’h

Hag e pe amzer evidon,
Den yaouank, e verv ho kalon ?
Klevit : pa em’ ar bleuñv el lann,   [pa em’ = p’emañ] 
Pe ar bleuñv melen er balan ?

    an Den yaouank

O daou, vat ! O deus bleuñv melen,
Lann ha balan, koantig Elen ;
Hogen el lann emañ, em c’hiz,
Bleuñv karet gant ar yaouankiz.

    ar Plac’h

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36, rue Basse, 29600 Morlaix