Leçon 07 : Avant de mourir

1 – sujet

L'emploi de l'article

Dans le premier cycle, nous avons vu les articles et nous les avons employés sans trop réfléchir, mais il faut savoir qu'il y a quand même quelques cas dans lesquels on ne les emploie pas :

a) pas d'article en cas d'indéfini pluriel (mais ça nous le savons déjà) : ø Saozon a sell ouzh an ti (des Anglais regardent la maison), ø merc'hed a gar anezhañ (des filles l'aiment).

b) pas d'article lorsqu'on désigne une quantité (ce qu'on appelle le partitif) : on dit ø holen (du sel), ø pebr (du poivre), ø amann (du beurre), ø dour (de l'eau), ø koad (du bois), ø maen (de la pierre), ainsi Per a lak ø koad war an daol (Pierre met du bois sur la table) à comparer avec Per a lak ar c'hoad war an daol (Pierre met le bois sur la table).

c) pas d'article lorsqu'on s'adresse à quelque un : on dit deomp de'i, ø paotred ! (allez, les gars !).

d) pas d'article pour certains noms : les noms de repas comme lein (déjeuner), merenn (dîner), koan (souper), certains noms de pays comme ø Breizh (la Bretagne), ø Bro Leon (le Léon), ø Bro Saoz (l'Angleterre, pays des Saxons), ø Bro C'hall (la France, pays des Gaulois), mais an Izelvroioù (les Pays-Bas), an Turki (la Turquie), etc.

e) pas d'article dans certaines expressions : bale ø bro (courir le pays), komz ø saozneg (parler l'anglais), etc.

f) enfin, pas d'article lorsque le nom est déjà déterminé par un complément de nom. C'est une tournure sur laquelle nous devons nous arrêter un peu :

Le cas particulier du complément de nom

– le complément de nom se construit avec la préposition de en français, mais se construit sans préposition en breton : de la reine se dit donc tout simplement ar rouanez (la reine).

l'objet complément de nom ne prend jamais d'article : la fille de la reine se dit donc ø merc'h ar rouanez (fille la reine).

– …et ainsi de suite à l'infini : ainsi le chat de la fille de la reine se dit ø kazh ø merc'h ar rouanez et le sourire du chat de la fille de la reine se dit ø mousc'hoarzh ø kazh ø merc'h ar rouanez.

On peut résumer cette tournure par le schéma suivant :

daskor_support_081.png

Vous avez compris. Donc, faisons vite l'exercice (dont corrigé) avant de passer à autre chose.

2 – verbe

Rien cette fois-ci.

3 – complément

La fusion de la préposition e et de l'article

La préposition e et l'article fusionnent pour donner un seul mot (comme en français à le = au) :

daskor_support_082.png

Donnons juste quelques exemples : Ni a lenno el levrioù (Nous lirons dans les livres), Sterenn a ziskennas en draonienn (Sterenn descendit dans la vallée), Per a chom er gêr (Pierre reste à la maison).

Construire des subordonnées à l'aide des prépositions

Nous n'avons pas encore vu comment former des subordonnées complétives (savoir que, avant que…) mais, une fois de plus, nous pouvons contourner la difficulté à l'aide des prépositions conjuguées (eh oui, encore elles !).

En effet, les subordonnées complétives sont introduite par une conjonction de subordination (que nous mettrons en marron), et lorsque celle-ci comprend une préposition (avant que, après que, sans que…). Prenons l'exemple d'a-raok qui veut dire avant.

Cette préposition est alors suivie de la préposition da qui se conjugue pour désigner le sujet de la préposition : a-raok din (avant que je), a-raok dit (avant que tu), a-raok dezhañ (avant qu'il). Enfin, le verbe de la subordonnée est toujours un infinitif (prenons l'exemple de mervel, mourir).

Autrement dit, a-raok mervel (avant de mourir) peut ainsi se développer en a-raok din mervel (avant que je meure), a-raok dit mervel (avant que tu meures), a-raok dezhañ mervel (avant qu'il meure), etc. On peut le schématiser ci-dessous :

daskor_support_083_0.png

Deux remarques :

– L'ordre des mots peut s'inverser, et on dit notamment hep dezhañ gouzout ou hep gouzout dezhañ (sans qu'il le sache). Cette dernière tournure est peut-être plus élégante.

– D'après les grammaires, on peut encore simplifier la tournure en conjuguant la préposition de base elle-même : ainsi, a-raok dezhañ mervel devient a-raok mervel.

Quoi qu'il en soit, c'est une tournure que l'on utilise assez peu, et c'est dommage, car on y retrouve vraiment le génie de la langue bretonne.

 

© Sébastien Marineau et l'association Daskor Breizh

association Daskor Breizh
06.11.32.35.32.
36, rue Basse,
29600 Morlaix