Leçon 08 : Conjuguer l'inconjugable

1 – le sujet

On n’en parlera pas cette fois-ci.

2 – le verbe

La forme réfléchie

Le verbes bretons peuvent avoir une forme réfléchie comme en français : on emploie pour cela la particule en em (que nous mettrons en marron) qui correspond à notre pronom se et qui provoque l’adoucissement (que nous connaissons bien désormais) :

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En principe, la particule en em remplace la particule a, et l’on dit donc ar c’hi en em veuz (le chien se noie) et non pas *ar c’hi a en em veuz. Mais l’usage est parfois plus souple, et cette dernière forme se retrouve quand même chez bien des auteurs.

On peut donc passer, je pense, à l’exercice et à son corrigé avant de tirer au clair cette histoire de prépositions conjuguées.

3 – le complément

La conjugaison des prépositions

Nous avons vu en plusieurs occasions que les prépositions se conjuguent, et que c’est un procédé assez puissant.

Rappelez-vous : la préposition remplace les pronoms personnels compléments (me a wel anezhañ, me a wel anezhi...), et la préposition da permet de conjuguer les verbes impersonnels (fell din, fell dit...) et même de construire des propositions complétives (a-raok din mervel, a-raok dit mervel...).

Mais, bien évidemment, le premier emploi des prépositions conjuguées est tout de même un emploi en tant que… préposition, c'està-dire qu'elles introduisent des compléments circonstanciels (sur la table, contre lui, pour cela...), et c'est pourquoi nous devons maintenant les traiter dans leur ensemble.

Disons tout de suite que les prépositions ne se conjuguent pas toutes de la même manière : certaines se conjuguent d'elles-mêmes, comme celles que nous avons déjà vues, d’autres se conjuguent avec l’aide d’une autre préposition, et d’autres encore se conjuguent avec l’aide du pronom possessif (que nous n’avons pas encore vu).

1° Les prépositions qui se conjuguent d'elles-mêmes suivent plusieurs modèles que nous développons dans le tableau ci-joint. Nous attirons votre attention sur le fait que nous vous y donnons les formes standard, mais que l’usage est assez mouvant encore une fois. Nous en donnons un exemple avec la préposition hep (sans) qui peut se conjuguer selon deux modèles différents.

Donnons quelques exemples pour la forme : warnon (sur moi), davedout (vers toi), gantañ (avec lui), nemeti (sauf elle), diragomp (devant nous), dreistoc’h (au-dessus de vous), etrezo (entre eux), etc.

À noter que la préposition eme peut remplacer le verbe lavarout (dire) dans les narrations, et indépendamment de toute notion de temps : emezon (dis-je), emezañ (dit-il), emezo (disent-ils), etc.

2° Les prépositions qui se conjuguent à l’aide d’une autre préposition suivent le modèle précédent par ricochet. Elles se construisent presque toutes avec la préposition da : a-enep din (contre moi), a-dreñv dit (derrière toi), tro-dro dezhañ (tout autour de lui), e-tal dezhi (face à elle). À noter cependant que la préposition betek (jusqu’à) se construit avec la prépositon betek ennonbetek ennoutbetek ennañOn peut en donner un second tableau ci-joint.

3° Les prépositions qui se conjuguent à l’aide du pronom possessif ne nous concernent pas encore. Sachez toutefois que certaines prépositions peuvent se conjuguer des trois façons à la fois : en son conjugant elles-mêmes, avec l’aide d’une autre préposition ou avec l’aide du pronom possessif.

J’ai été long, alors munissez-vous des deux tableaux ci-dessus et dépêchons-nous de faire cet exercice et de vérifier avec ce corrigé.

 

© Sébastien Marineau et l'association Daskor Breizh

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