Leçon 06 : À chacun son genre

1 – le sujet

Quelques précisions sur le genre des noms

Nous avons vu dans le cycle précédent que les noms avaient un genre masculin ou féminin. Voyons maintenant ça d’un peu plus près :

– Les noms qui désignent des personnes ou des animaux peuvent être différents selon le sexe. En voici quelques exemples :

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– Sinon, on peut souvent fabriquer des noms féminins avec le suffixe -ez. C’est surtout vrai pour les noms de métier et pour les gentilés (dans ce cas le suffixe -ad masculin est tout simplement remplacé par le suffixe -ez féminin) :

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À noter que le suffixe féminin breton -ez serait apparenté au suffixe féminin français -esse (maire > mairesse).

– En désespoir de cause, on parle du « père » (tad) ou de la « mère » (mamm) : an tad moualc’h (la mouette mâle) mais ar vamm moualc’h (la mouette femelle), an tad bran (le corbeau mâle) mais ar vamm bran (le corbeau femelle), etc.

– Enfin, certains suffixes imposent un genre :

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Attention : d’autres suffixes sont hermaphrodites, et demandent tantôt le masculin et tantôt le féminin. Ainsi, le diminutif bien connu -ig conserve le genre du nom d’origine : paotrig (le petit garçon) est masculin alors que plac’hig (la petite fille) est féminin.

Il ne nous reste donc plus qu’à faire un petit exercice (ça n’est tout de même pas très difficile) dont je vous donne quand même le corrigé.

2 – le verbe

Les verbes impersonnels

Le breton connaît les verbes impersonnels, même s’ils sont extrêmement rares. En fait, il s’agit surtout de fellout (base verbale fell-) qui veut dire vouloir.

Ces verbes ne posent pas de problème particulier. Nous savons déjà ce qu’est une préposition conjuguée. Eh bien, un verbe impersonnel se conjugue avec la préposition da conjuguée :

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Ce qui nous donne la conjugaison suivante :

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Deux remarques importantes :

1° – Le verbe impersonnel peut (et c’est une exception) se placer en tête de phrase : fell din gwelout, je veux voir.

Le pronom personnel sujet (qui est alors redondant) peut aussi se placer en tête de phrase pour marquer une certaine insistance : me a fell din gwelout (je veux voir, moi).

2° – La conjugaison impersonnelle est rare, mais certains verbes tout-à-fait normaux prennent parfois une tournure impersonnelle : ainsi kavout (trouver) donne aussi bien me a gav (tournure personnelle) que ’gav din (tournure impersonnelle). C’est même assez fréquent dans ce cas.

En tous cas, le schéma de phrase est donc le suivant :

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Note : les parties en italiques sont facultatives.

3 – le complément

C’est bien assez pour cette leçon-ci.

 

© Sébastien Marineau et l'association Daskor Breizh

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