Leçon 04 : les mutants sont de retour...

1 – le sujet

La mutation après l'article

Dans la leçon précédente, nous avons vu que la particule précédait et contaminait le verbe, alors vous ne serez pas surpris d’apprendre que l'article précède et contamine le nom à son tour.

Dans quels cas l'article contamine-t-il le nom ? Avant toute chose rappelez-vous que les noms sont singuliers ou sont pluriels, et sachez en outre que leur genre est soit masculin, soit féminin, et qu'il n’est pas toujours le même qu'en français (consultez toujours un dictionnaire).

Ceci dit, nous pouvons maintenant répondre à la question : l'article contamine les noms féminins singuliers et les noms masculins pluriels désignant des personnes. Prenons le tableau ci-dessous  :

daskor_support_041_2.png

Au demeurant, la contamination (nous dirons dorénavant la mutation) en question est la même après la particule et après l’article : c’est l’adoucissement. La preuve :

daskor_support_042_0.png

Quelques autres exemples (les mutations sont notées par un >) :

– On dit ar paotr (le garçon) mais ar m>verc’h (la fille), on dit an tad (le père) mais ar m>vamm (la mère), on dit an tarv (le taureau) mais ar b>vuoc’h (la vache), on dit ar breizhad (le breton) mais ar b>vreizhadez (la bretonne), etc.

– On dit ar Gall (le Français) mais ar G>C’hallaoued (les Français), on dit ar Beleg (le prêtre) mais ar B>Veleien (les prêtres), on dit ar marc’hadour (le marchand) mais ar m>varc’hadourien, on dit ar priñs (le prince) mais ar p>briñsed (les princes), etc.

Ce qui nous donne pour les noms qui commencent par la lettre m par exemple :

daskor_support_045_0.png

 

►►► Les noms masculins subissent une mutation particulière après l’article, puisque le devient c’h : ainsi karr (la voiture, masculin) donne ar k>c’harrkador (la chaise, masculin) donne ar k>c’hadorkarv (le cerf) donne ar k>c’harv, etc.

L’exercice que vous avez fait pour la particule à la leçon précédente est donc à peu près le même que celui qui vous attend ici. dont corrigé.

2 – le verbe

Au repos pour deux leçons.

3 – le complément

Le pronom personnel complément

Il est grand temps que nous parlions du complément, mais sachez que le pronom personnel complément que nous mettrons en vert (je me trouve, je te vois, je le cherche…) n'est pas d'un usage facile et qu’il est donc hors de question de le voir pour l’instant. Alors, comment faire ?

Heureusement, le pronom personnel complément subit la concurrence d’une autre tournure qui est beaucoup plus simple en plus d’être originale : figurez-vous que les prépositions se… conjuguent. Prenons ainsi la préposition a qui correspond à peu près à notre préposition de, sa conjugaison est :

043_support_daskor.png

Eh bien, figurez-vous aussi que cette préposition conjuguée peut nous servir de pronom personnel complément, sans mutations, sans chichis, sans problèmes. Le schéma de phrase (qui s’étoffe…) devient donc le suivant :

daskor_support_043_0.png

Quelques exemples : me a wel (je vois) > me a wel anezhañ (je le vois, littéralement « je vois de lui ») ; te a gemer (tu prends) > te a gemer anezhi (tu la prends) ; a guzh (il cache) > a guzh ac’hanomp (il nous cache) ; hi a lez (elle laisse) > hi a lez ac’hanoc’h (elle vous laisse) ; ni a bed (nous prions) > ni a bed anezho ou anezhe (nous les prions), etc.

Quelques exemples appellent naturellement quelques exercices (et corrigés).

 

© Sébastien Marineau et l'association Daskor Breizh

association Daskor Breizh
06.11.32.35.32.
36, rue Basse, 29600 Morlaix