Leçon 03 : l'article en prime

Cette leçon est à la fois longue et importante, alors prenez votre temps ou divisez-la en sous-leçons si vous voulez.

1 - le sujet

Le groupe nominal sujet

Dans la leçon précédente, nous avons vu le sujet pronom personnel (je, tu, il, elle…). Voyons maintenant le sujet groupe nominal (le chien, la maison, la grammaire…), qui se compose basiquement d’un article (que nous mettrons en violet) et d'un nom (que nous mettons en bleu foncé), et prenons le schéma de phrase suivant :

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1° En ce qui concerne l’article, le breton connaît l’article défini et l’article indéfini. Ils correspondent (en gros) au français et varient selon la… lettre qui suit ! Trois cas de figure peuvent se présenter :

1° le nom commence par un l :

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Quelques exemples : al liamm (le lien), ul loa (une cuiller), al lann (la lande), ul lutun (un lutin)…

2° le nom commence par une voyelle ou n, d, t, h :

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Quelques exemples : an orin (l’origine), un askorn (un os), an noz (la nuit), un neizh (un nid), an drask (la grive), un dremm (un visage), an ti (la maison), un trouz (un bruit), an hanter (une moitié), un huanad (un soupir)…

3° dans tous les autres cas :

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Quelques exemples : ar butun (le tabac), ur biz (le doigt), ar garlantez (la guirlande), ur gaou (un mensonge), ar spoum (la mousse), ur skol (une école)…

Attention : le est considéré comme une consonne en breton, et l’on dira donc ar yenijenn (le froid), ur yun (un jeûne), ar yaouankiz (la jeunesse), ur yalc’h (une bourse), etc.

2° En ce qui concerne le nom, nous venons de voir que l'article indéfini distingue entre le singulier (où il y en a un) et le pluriel (où il n'y en a pas), mais comment forme-t-on le pluriel ?

Malheureusement, disons tout de suite qu’il n’y a pas de règle absolue : la plupart des pluriels de noms de personnes se font en ajoutant tantôt la terminaison -ed et tantôt la terminaison -ien (ou - ion), tandis que la plupart des pluriels de noms de choses se font en ajoutant la terminaison -où ou -ioù.

Ainsi, paotr (le garçon) fait son pluriel en paotred, merc’h (la fille) fait son pluriel en merc’hed et barner (le juge) fait le sien en barnerien ou en barnerion, tandis que tra (la chose) fait son pluriel en traoù et que anv (le nom) fait le sien en anvioù. Mais sachez que test (le témoin) est un nom de personnes qui fait son pluriel en testoù

…et surtout qu’il y a beaucoup d’autres terminaisons, et que le radical n’est pas toujours à l’abri, et que l’usage est particulièrement mouvant : ti (la maison) fait son pluriel en tier ou en tiezbran (le corbeau) fait le sien en brini, etc. Le plus simple est de s’en référer à votre dictionnaire.

Alors, avant de passer au verbe, faisons tout de suite un exercice pour se mettre en train. Comme d’habitude, vous trouverez le corrigé à l’arrivée.

2 - le verbe

Les effets de la particule verbale sur le verbe

Avant d’aller plus loin, il faut savoir que la particule verbale a tendance à s’agglutiner au verbe et à modifier sa consonne initiale.

Cela dit, cette contamination ne concerne pas toutes les consonnes, et surtout elle est régulière (même si vous verrez que les écrivains bretons n’ont pas toujours été si réguliers que ça…). Le schéma suivant suffira :

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À noter que deux autres consonnes (ch et s) sont contaminées à l’oral, mais pas à l’écrit. On prononce ainsi [me a jom] et [me a zent], mais on écrit toujours me a chom et me a sent.

C’est un phénomène inconscient et très ancien, qui est commun à toutes les langues celtiques, et qu’on appelle les mutations. Il y a plusieurs sortes de mutations, et celle que nous venons de voir s’appelle l’adoucissement

Le temps de faire un exercice et de comprarer avec son corrigé, et c’est fini.

3 - le complément

Cette fois-ci, on en parle… dans la leçon prochaine.

 

© Sébastien Marineau et l'association Daskor Breizh

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