Arvor (l’) (16) : Mal du pays (le)

          Ton souvenir est toujours là,
          O toi qui ne peux plus m’entendre.
                              Duc de Rohan

Depuis que j’ai quitté ma si douce patrie
Tout rappelle à mon cœur la Bretagne chérie.

Le printemps resplendit, et l’horizon plus pur
Laisse mieux voir là-bas les collines d’azur ;
Les oiseaux réjouis regagnent la charmille ;
Au fond des bois en fleurs la pâle jeune fille,
Inconsciente encor de son amour naissant,
Orne son sein pudique et son front innocent
Des fleurs que le soleil rajeuni fait éclore,
Et moi, je songe à toi, Bretagne que j’adore !

Devant les purs lointains je pense aux monts brumeux
Qui plongent leur granit dans les flots écumeux.
Les oiseaux, dont les chants viennent troubler mes rêves,
Me disent que là-bas les mouettes des grèves,
Ouvrant leur aile blanche aux vents tumultueux
Planent sur l’Océan sombre et majestueux,
Et la timide enfant qui tresse des guirlandes
Me fait penser à vous, chastes fleurs de nos landes,
Bouquets d’or des ajoncs, emblèmes des amours.

Blonde vierge d’Arvor, oui, je t’aime toujours.
Malgré le temps qui fuit, malgré la longue absence,
La mémoire du cœur conserve sa puissance.
Je ne te poursuis plus de regards amoureux,
Mais, comme l’exilé fidèle et malheureux,
Je n’ai qu’un souvenir et c’est toujours le même :
Je pense loin de toi, je pense à toi que j’aime ;
Comme aux jours écoulés je garde constamment
L’esclavage adoré que j’ai pris librement.
L’esclavage d’amour si doux : Charme des charmes,
Amère volupté qui fait couler des larmes,
Tourment dont on sourit sans vouloir le guérir,
Plaisir que craint le cœur, mal qu’il aime à souffrir.

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