Paroles d’un croyant (29) : XXVIII

On a vu des temps où l’homme, en égorgeant l’homme dont les croyances différaient des siennes, se persuadait offrir un sacrifice agréable à Dieu.

Ayez en abomination ces meurtres exécrables.

Comment le meurtre de l’homme pourrait-il plaire à Dieu, qui a dit à l’homme : Tu ne tueras-point ?

Lorsque le sang de l’homme coule sur la terre, comme une offrande à Dieu, les démons accourent pour le boire, et entrent dans celui qui l’a versé.

On ne commence à persécuter que quand on désespère de convaincre, et qui désespère de convaincre, ou blasphème en lui-même la puissance de la vérité, ou manque de confiance dans la vérité des doctrines qu’il annonce.

Quoi de plus insensé que de dire aux hommes : Croyez ou mourez !

La foi est fille du Verbe : elle pénètre dans les cœurs avec la parole, et non avec le poignard.

Jésus passa en faisant le bien, attirant à lui par sa bonté, et touchant par sa douceur les âmes les plus dures.

Ses lèvres divines bénissaient et ne maudissaient point, si ce n’est les hypocrites. Il ne choisit pas des bourreaux pour apôtres.

Il disait aux siens : Laissez croître ensemble, jusqu’à la moisson, le bon et le mauvais grain ; le père de famille en fera la séparation sur l’aire.

Et à ceux qui le pressaient de faire descendre le feu du ciel sur une ville incrédule : Vous ne savez pas de quel esprit vous êtes.

L’esprit de Jésus est un esprit de paix, de miséricorde et d’amour.

Ceux qui persécutent en son nom, qui scrutent les consciences avec l’épée, qui torturent le corps pour convertir l’âme, qui font couler les pleurs au lieu de les essuyer ; ceux-là n’ont pas l’esprit de Jésus.

Malheur à qui profane l’Évangile, en le rendant pour les hommes un objet de terreur ! Malheur à qui écrit la bonne nouvelle sur une feuille sanglante !

Ressouvenez-vous des catacombes.

En ce temps-là, on vous traînait à l’échafaud, on vous livrait aux bêtes féroces dans l’amphithéâtre pour amuser la populace, on vous jetait à milliers au fond des mines et dans les prisons, on confisquait vos biens, on vous foulait aux pieds comme la boue des places publiques ; vous n’aviez, pour célébrer vos mystères proscrits, d’autre asile que les entrailles de la terre.

Que disaient vos persécuteurs ? Ils disaient que vous propagiez des doctrines dangereuses ; que votre secte, ainsi qu’ils l’appelaient, troublait l’ordre et la paix publique ; que, violateurs des lois et ennemis du genre humain, vous ébranliez l’empire en ébranlant la religion de l’empire.

Et dans cette détresse, sous cette oppression, que demandiez-vous ? la liberté. Vous réclamiez le droit de n’obéir qu’à Dieu, de le servir et de l’adorer selon votre conscience.

Lorsque, même en se trompant dans leur foi, d’autres réclameront de vous ce droit sacré, respectez-le en eux, comme vous demandiez que les païens le respectassent en vous.

Respectez-le pour ne pas flétrir la mémoire de vos confesseurs, et ne pas souiller les cendres de vos martyrs.

La persécution a deux tranchants : elle blesse à droite et à gauche.

Si vous ne vous souvenez plus des enseignements du Christ, ressouvenez-vous des catacombes.

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