Narcisse Quellien

(La Roche-Derrien, 27 juin 1848 – Paris, 16 mars 1902)

Une enfance difficile

Narcisse Quellien naît dans un milieu très modeste : son père est cordonnier, sa mère est tricoteuse et, même si le recteur de La Roche-Derrien le distingue et paie ses études au petit séminaire de Tréguier, Narcisse Quellien perd son père et doit vite achever ses études pour aller chercher fortune à Paris.

Une carrière littéraire

Narcisse Quellien trouve alors un emploi dans l’enseignement privé, et fréquente des cafés littéraires français. Il rencontre ainsi Paul Bourget et Ferdinand Brunetière qui le font rentrer dans le Cénacle des Vivants, où il rencontre encore Jean Richepin, Raoul Ponchon et Gabriel Vicaire, avec qui il se lie d’amitié.

Enfin, Narcisse Quellien rencontre le fameux Ernest Renan. Celui-ci a grandi à Tréguier lui aussi, mais depuis il a rompu avec l'Église, et il n'ose guère y remettre les pieds. C'est Narcisse Quellien qui le convaincra, et ce retour sera même un franc succès.

Ces amitiés lui permettent d’obtenir un emploi aux archives du ministère des Affaires Étrangères, et même une mission de collectage pour le compte du ministère de l’Enseignement Public. Ernest Renan accepte de préfacer son premier recueil de poésies, Annaig (1880), puis Narcisse Quellien publie encore une étude sur le tunodo, l’argot des chiffonniers et des couvreurs de La Roche-Derrien (1885) et un autre fruit de ses collectages, Chansons de danses des Bretons (1889).

Face à la polémique

En 1891, Narcisse Quellien publie un roman, Perinaig, dans lequel il émet l’hypothèse fantaisiste d’une suivante bretonne de Jeanne d’Arc. Cette fois-ci, Ernest Renan se ligue avec Luzel et Joseph Loth pour ridiculiser son ancien ami.

A vrai dire, Perinaig était une fantaisie très maladroite, mais on ne peut pas être juste sans se replacer dans le contexte de l’époque, et combien d’extravagances n’a-t-on pas alors écrit sur Jeanne d’Arc !

D’ailleurs, Narcisse Quellien a sans doute été desservi par sa position un peu fausse. En effet, intégrer les milieux littéraires parisiens et publier en breton était contradictoire, et Ernest Renan n’oubliait pas de préciser que la langue bretonne devait mourir dans la préface même d’Annaig

le Collège de France

Narcisse Quellien continue pourtant d’écrire, et il publie Breizh (1898) qui est d’ailleurs un chef d’œuvre, et que D’Arbois de Jubainville intègre même au programme du Collège de France… preuve s’il en est que notre auteur méritait bien d’être pardonné !

Narcisse Quellien meurt d’un accident de voiture en 1902.


Le projet Daskor a publié les ouvrages suivants :


association Daskor Breizh
06.11.32.35.32.
36, rue Basse, 29600 Morlaix