Félicité-Robert de Lamennais

(Saint-Malo, 19 juin 1782 – Paris, 27 février 1854)

Un redoutable apologiste

Félicité-Robert de Lamennais naît dans une famille d'armateurs malouins et suit l'exemple de son frère Jean-Marie de Lamennais en se faisant ordonner prêtre (1816).

Ce moment correspond à la fin de la Révolution et de l'Empire. La France retrouve un roi, et une intense activité missionnaire cherche alors à lui faire retrouver sa foi. Cependant, la tâche n'est pas facile, car des années de persécution antireligieuse et d'enseignement officiel ont largement répandu la philosophie des Lumières.

C'est dans ce contexte que Félicité-Robert de Lamennais commence l'écriture de l'Essai sur l'indifférence en matière de religion (1817-1823). Dans cet ouvrage, Félicité-Robert de Lamennais ne se contente pas de défendre la foi. Il cherche aussi à confondre la philosophie des Lumières en dénonçant ses fondements épistémologiques.

Félicité-Robert de Lamennais est donc en parfaite concordance avec son temps, et connaît une célébrité immense et immédiate en tant qu'apologétiste.

La rupture

Cette célébrité lui permet de développer ses idées dans De la religion considérée dans ses rapports avec l'ordre politique et civil (1825) puis dans Les progrès de la Révolution et de la guerre contre l'Eglise (1829).

Félicité-Robert de Lamennais fonde également le journal l'Avenir (1830) et il commence à se lier avec des figures littéraires comme Victor Hugo.

Il continue alors à défendre les intérêts de l'Eglise, même si ses positions s'éloignent de plus en plus de la tradition. En effet, il n'hésite pas à défendre la liberté d'enseignement pour combattre le monopole de l'Université – ouvertement anticléricale – et il ose même défendre la liberté de conscience pour combattre l'oppression russe sur la Pologne.

Cette fois-ci, Félicité-Robert de Lamennais va trop loin. L'encyclique Mirari Vos (1832) le ménage encore, en le condamnant sans le nommer, mais Félicité-Robert de Lamennais conteste ouvertement sa condamnation, et va carrément à Rome en appeler au pape !

Christianisme social ou socialisme chrétien ?

Félicité-Robert de Lamennais s'engage désormais sur une pente qu'il ne remontera plus. Il fait sensation en publiant des visions messianiques mais révolutionnaires dans Paroles d'un croyant, ce qui lui vaut une condamnation explicite cette fois dans Singulari Nos (1834).

Félicité-Robert de Lamennais fréquente alors de plus en plus les milieux littéraires et républicains. Il entre au salon de George Sand, où s'élaborent des idéaux féministes et socialisants.

Non seulement Félicité-Robert de Lamennais va loin, mais il va de plus en plus loin. Il s'en prend à la monarchie dans le Livre du peuple qui lui vaut un an de prison (1841), et il s'en prend finalement à l'autorité religieuse elle-même dans Esquisse d'une philosophie (1841-1846).

Félicité-Robert de Lamennais souhaite désormais une religion sans Eglise, où la charité remplacerait complètement l'autorité. Lorsque la révolution éclate à nouveau (1848), il est élu député à l'assemblée constituante, et ses idées contribuent fortement à réconcilier la Liberté et l'Egalité par la Fraternité.

Félicité-Robert de Lamennais meurt sans s'être réconcilié avec l'Eglise (1854). L'héritage de Félicité-Robert de Lamennais est double. Il laisse à l'Eglise l'idée d'une doctrine sociale de l'Eglise, et il laisse à la République l'idée d'une mystique républicaine.


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