Anonyme moyen-breton

La matière de Bretagne est sans doute l'un des fonds littéraires les plus anciens et les plus féconds qui soient, mais elle n'est malheureusement parvenue jusqu'à nous qu'à travers ses adaptations en langues étrangères (vieux français, vieil anglais, vieil allemand...).

C'est seulement à la fin du XVème siècle que la crise religieuse pousse l'Eglise à faire publier quelques ouvrages pieux en breton : des mystères, des chants de noël, des prières, un miroir de la mort, un catéchisme...

Ces ouvrages ne sont pas sans mérite littéraire, beaucoup d'entre eux sont taillés dans le même art que celui des chapelles et des enclos paroissiaux de l'époque, et c'est donc avec les mêmes yeux qu'il faut les regarder...

...mais les savants n'ont pas caché leur déception, et ils se sont mis à chercher sans relâche des manuscrits qui auraient été oubliés. Qu'était donc devenue la si fameuse matière de Betagne ? Elle devait bien être quelque part !

Non, la matière de Bretagne n'était nulle part. Mais les savants ont quand même découvert à l'occasion que des scribes bretons dissimulaient quelques commentaires en breton dans... les Saintes Ecritures !

Et tant pis pour la science si ces phrases n'ont vraiment rien d'héroïque : Henri Bossec se vante d'une aventure bonne et belle, Ivonet Omnès chante une amourette, et un anonyme dit qu'il pleut et que les panais sont cuits...

On ne peut pas vraiment parler là de littérature bretonne, et que savons-nous d'ailleurs de ces premiers auteurs bretons ? Leur nom même (lorsque nous l'avons) ne nous en apprend pas grand chose.

Les savants sont donc restés sur leur déception. Mais que pouvait-on attendre d'autre d'une littérature bretonne qui souffrait alors de la faiblesse ou de la désaffection du pouvoir politique ?


Le projet Daskor a publié les ouvrages suivants :


association Daskor Breizh
06.11.32.35.32.
36, rue Basse, 29600 Morlaix