Voici un extrait des commentaires que Théodore de La Villemarqué a insérés dans le Barzhaz Breizh :

« Au milieu de la paroisse de Nizon, près de Pont-Aven, en Cornouaille, on voit s’élever le château en ruines de Rustéfan. Il est le sujet de quelques traditions qui ne sont pas sans intérêt. Ainsi, le peuple dit qu’anciennement on avait coutume de danser fort tard sur le tertre du château, et que si l’usage avait cessé, c’est que les danseurs aperçurent, un soir, la tête chauve d’un vieux prêtre, aux yeux étincelants, s’avançant pour les regarder, à la lucarne du donjon. On ajoute à cela qu’on voit vers minuit, dans la grand’salle, une bière couverte d’un drap mortuaire, dont quatre cierges blancs, comme on en faisait brêler pour les filles nobles, marquent les quatre coins, et qu’on voyait jadis une jeune demoiselle, en robe de satin vert garnie de fleurs d’or, se promener au clair de la lune sur les murailles, chantant quelquefois, et plus souvent pleurant. Quel mystérieux rapport peut-il y avoir entre ces deux vagues figures de prêtre et de jeune fille ? La ballade qu’on va lire nous l’apprendra. »

Barzhaz Breizh : Jenovefa Rustefan (1)
* Nous avons modernisé l’orthographe selon le standard peurunvan, mais nous avons respecté les tournures d’origine (et notamment les mutations et les particules verbales).

    I

Pa oa paotr Yannig gant e zeñved
N’en doa ket koun da ve’añ beleget.

– Ne vin, avat, beleg na manac’h,
Laket em eus ma spered er plac’h. –

Pa zeuas e vamm ha ’lâras dezhañ :
– Te a zo ur paotr fin, ma mab Yann ;

Lez al loened-se, ha deus d’ar gêr,
Evit monet da skol da Gemper ;

’Vit mont da skol da ve’añ beleget ;
Ha lavar kenavo d’ar merc’hed. –

Livre

Barzhaz Breizh : Jenovefa Rustefan (1)

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