Voici un extrait des commentaires que Théodore de La Villemarqué a insérés dans le Barzhaz Breizh :

« Bertrand Du Guesclin, ou Gwesklen, selon l’orthographe bretonne, a laissé dans les traditions populaires de la Bretagne un nom presque aussi célèbre que dans l’histoire. Le peuple du pays de Tréguier, au milieu duquel il habita et qui suivait son parti en masse, a conservé le souvenir de ses exploits chevaleresques, et redit encore de vieux chants où on le montre détruisant l’un après l’autre les châteaux anglais perchés, comme des nids de vautours, sur nos rochers et nos montagnes. Deux de ces chants sont particulièrement répandus ; l’un a pour sujet la ruine du château de Trogoff, l’autre celle de Pestivien. Du Guesclin assiégea, en 1364, et enleva le premier ; il prit aussi le second, qu’il rasa de même de fond en comble. Selon les poètes populaires, la ruine de Trogoff avait été amenée par l’outrage que le gouverneur du château voulut faire à une jeune paysanne, filleule de Du Guesclin ; et la destruction de Pestivien par la félonie des Anglais à l’égard d’un des vassaux du connétable. Je dois les deux ballades dont ces évènements sont le sujet, l’une, à une femme de la paroisse de Trégourez, l’autre à un vieillard de Maël-Pestivien, mais elles se chantent partout. »

Barzhaz Breizh : Filhorez an Aotroù Gwesklen (1)
* Nous avons modernisé l’orthographe selon le standard peurunvan, mais nous avons respecté les tournures d’origine (et notamment les mutations et les particules verbales).

    I

An heol a bar, an deiz a darzh,
Glizh a luc’h war spern-gwenn ar c’harzh.

Garzh uhel Traoñgov* ar gêr vras,    [Trogov] 
E-lec’h zo Saozon o ren c’hoazh.

Glizh a luc’h war vleuñv ar spernenn ;
An heol, pa wel, a guzh e benn.

Glizh an neñv ned eo ket, avat :
Ned eo ken nemet glizh ar gwad ;

Gwad glan skuilhet gant Rogerson,
Gwashañ mab Saoz a zo en traoñ.

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Barzhaz Breizh : Filhorez an Aotroù Gwesklen (1)

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